Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 13:46
Srinath Christopher Samarasinghe au volant de sa caméra

Srinath Christopher Samarasinghe au volant de sa caméra

Hier, c’était tournage. Film à l’arrach’, long-métrage qui se tourne en deux semaines. Ça a été sympa. Une occasion de rencontrer des comédiens que je ne connaissais pas, une équipe, un réalisateur, un film en train de se faire et d’y prendre place. Je n’avais jamais tourné dans une telle configuration. Je ne porterai pas de jugement à partir des deux petites séquences que j’ai tournées. Comme tout le monde, j’attends début 2015 pour voir le montage terminé et apprécier le film dont j’ai aimé le scénario.

Pour autant, cela m’a conduit à me questionner sur ce type d’économie cinématographique qui a tendance à se développer. Et là, j’avoue ne pas avoir été tout à fait convaincu. Plutôt que des principes ou des lectures, rien ne vaut une petite immersion pour comprendre comment ça marche. Je crois pouvoir dire aujourd’hui que je ne réaliserai jamais un film « à l’arrach’ » dans la formule qui est le plus souvent pratiquée.

Si tu divises la durée de tournage par trois, l’équipe par deux, le matos par 10, tu auras beau avoir la plus petite caméra du monde, le temps d’un plan reste quasiment incompressible, indivisible. Il faut bien filmer un truc qui ne se passe pas obligatoirement au premier coup, penser au montage et au nombre de plans nécessaire à celui-ci.

Bref, si tu n’as pas écrit, dès le départ, ton film en plans larges et en quasi plans-séquence, je te conseille d’oublier la formule « à l’arrach’ ». Sinon, c’est consentir à virer plein de séquences avant même de les tourner et un grand nombre de plans à l’intérieur des séquences rescapées. Une écriture cinématographique impose, par son style un découpage plus ou moins vif. Un genre narratif va engendrer une lenteur, un point de vue large, une action qui se chorégraphie à l’intérieur d’un plan unique. D’autres, plus axés sur l’action, imposent une multiplicité de plans qui permettront un montage vif, jouant avec l’étirement ou le ralentissement du temps, selon le besoin. Bref, il y a un moment où la compression d’un tournage nuit obligatoirement à l’ambition artistique d’un film. La sauce artistique aurait tendance à prendre à feu doux, d’après ce que j’ai cru observer au long de ma petite carrière.

Je sais bien que l’on pourra me donner des contre-exemples, me vanter les mérites de la nouvelle vague et de sa liberté. Je veux bien, mais en inventant alors une structure de tournage adaptée et non calquée sur les configurations classiques : trois caméras, des petits blocs de tournage étalés dans le temps. Que sais-je. Trouver le moyen de peser le moins possible sur l’humain (personnel technique et artistique) tout en conservant l’espace de la création. Le cinéma a beau s’inscrire dans une industrie, dans le business, il obéit aussi à des règles d’écriture.

Mon cher Balzac, votre roman, il est pas mal. Mais, vous allez me virer les 70 premières pages qui n’apportent pas grand-chose. Ensuite, j’ai noté ici ou là des gros paquets de digressions qui éloignent le lecteur du propos et des personnages. Alors, j’ai fait un petit montage de votre manuscrit et, vous voyez, j’ai réussi à enlever l’équivalent de 150 pages. Je l’ai fait lire à ma voisine, elle a adoré.

J’ai hâte de voir ce film terminé pour observer quelle intelligence aura eu le réalisateur pour dépasser la somme colossale de contraintes liées à la vitesse de tournage. Je ne doute pas qu’il y parvienne. Mais j’ai besoin de comprendre comment. On en reparlera.

En attendant, je vous propose une bande annonce de La French. Un film pour qui il était obligatoire de trouver le temps de tournage et le financement. Et le talent de Cédric Jimenez… Sortie le 3 décembre.

Repost 0
Published by Bernard Blancan
commenter cet article
5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 11:50
Les amis de François

Même dans la tragédie antique on n’avait pas imaginé une telle ruine du pouvoir, une telle déchéance, aussi rapide. Au début, on pouvait toujours accuser les opposants de noircir le tableau volontairement et à gros traits.

Puis les opposants se sont enlisés dans leurs propres querelles, leurs propres affaires de fric et de trafic.

Ce sont ensuite les alliés qui ont quitté le navire.

Maintenant, ce sont les proches qui vomissent et les remplaçants qui s’avèrent pourris.

Très inquiétant pour la suite, tout ça. Il va falloir se préparer à de pires chaos.

Repost 0
Published by Bernard Blancan
commenter cet article
4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 09:47
La balance

La Valérie T, je trouve qu’elle y va fort dans son commerce de l’intime. Assez gerbant. Et maintenant, pourquoi pas Mon François de Julie Gayet, Comme un lapin de Ségolène Royal, Les chiennes de François Hollande…

Brrr, en écrivant ces quelques lignes, je me dégoûte moi-même, tiens.

Repost 0
Published by Bernard Blancan
commenter cet article
3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 19:18
Petit billet du jour

Comme Rebsamen n'arrive pas à créer des emplois, il décide d'éliminer des chômeurs. Pas con.
Sinon, tournage aujourd'hui, plutôt bien passé. L'équipe est si jeune que j'ai l'impression que je vais avoir 56 ans dans quelques jours. Je tourne encore samedi. J'ai hâte de voir ce film terminé.
Sinon, j'espère qu'aucune de mes ex n'écrira un bouquin. C'est jamais plaisant.
 

Repost 0
Published by Bernard Blancan
commenter cet article
2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 10:42
L'été a attendu la rentrée

Rentrée. Ce matin, je me remets à l’ouvrage pour l’écriture de La Greffe. Pour ceux qui ont du mal à suivre, c’est le long-métrage cinéma un peu totalement délirant. De la comédie avec presque pas de sourcier (il y aura un pendule sur une séquence, quand même). Je me donne jusqu’à la fin de l’année pour voir si on amorce un début de financement. Si rien ne se passait, le projet se transformerait en roman. Pas de souci. J’ai déjà la colonne vertébrale dramaturgique et les personnages. Je vais tenter l’écriture en bibliothèque, cette fois. Comme on va au bureau. Déconnecté, sans cigarette.

Rencontré, hier soir, le réalisateur du film fantastique dans lequel je vais tourner. Lazar Palmus de Srinath Christpher Samarasinghe. Je parie que l’an prochain, on entendra parler de ce film. On y reviendra, j’en suis sûr.

Repost 0
Published by Bernard Blancan
commenter cet article
30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 22:04
À cause de la convention collective ? Témoignage

À cause de la convention collective du cinéma, j’ai raté trois tournages cet été. Je pourrais résumer les choses ainsi. Mais ça ne sera pas le cas.

Trois films a petit budget. Dans l’un, j’avais initialement un rôle très secondaire de gendarme. Le budget étant ce qu’il était, il a fallu tailler dans le scénario. Du coup, mon petit personnage secondaire est devenu tertiaire et a été confié à un comédien du cru.

Pour un autre film qui se tournait dans le Sud-Ouest, j’avais un beau personnage, le père d’un des personnages principaux, avec de belles scènes. Même histoire : le financement peine à se mettre en place, les chaînes se dégonflent et, là aussi, le réalisateur doit tailler dans le scénario. Plus de père. Un film qui se retrouve avec un tout petit budget.

Première remarque : Si un film ne peut se tourner tel qu’il avait été imaginé, est-ce la faute de la convention collective ou de la timidité des financeurs ? Je coche la case B.

Deuxième remarque : si un réalisateur consent à faire un film raboté, est-ce que c’est encore un film ? Si le réalisateur consent à faire ce film, c’est que ça reste un film. Sinon, il renoncerait sous peine de perdre son âme. Donc, un film se fait avec la convention collective, avec un recentrage sur les personnages principaux. Je n’ai rien contre. Même si dans les deux cas j’en fais les frais. L’existence d’un film est plus importante à mes yeux que ma petite gueule d’acteur.

Pour le troisième film, c’est pas compliqué. Il n’a pas eu l’avance sur recettes. Il devra repasser à une prochaine session. Ça restera un film à petit budget, mais il faut un minimum tout de même pour faire un film.

La semaine prochaine, en revanche, je vais jouer gratos (en participation) pour un projet très original qui choisit de se faire avec un minimum d’argent. Genre tournage à la GoPro (mini caméra). C’est un copain coproducteur qui me demande si je suis d’accord. Et bien sûr que je suis d’accord. Il y aura un contrat de participation réglo. Comme pour tous les techniciens et tous les acteurs. Chacun s’engage parce qu’il est copain avec tel ou tel, pour le fun, parce que c’est un projet original, qui se tourne avec du matériel technique non conventionnel, que le film n’entre pas dans les cases. Si je m’étais retrouvé avec un film plus classique, finançable, monté par des gens que je ne connais pas, j’aurais refusé. On peut défendre à la fois la convention collective et les projets à l’arrach’ (qui existeront toujours, évidemment).

Le positionnement autour de la convention collective est idéologique. Il ressemble d'ailleurs beaucoup à ces deux années de gouvernement socialiste et au clivage qui en ressort. Pour moi, l'extension était un préalable (même s'il faut sans doute retoucher ce qui a été mis en place). À partir de là, sont mis à jour tous les autres problèmes qui touchent le cinéma, du financement, à la distribution, en passant par les questions artistiques. Le choix des priorités raconte toujours une certaine vision du monde.

Repost 0
Published by Bernard Blancan
commenter cet article
29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 10:30
Rentré trop tôt

Cet après-midi, interview pour Ça m’intéresse autour de Si j’étais guérisseur. Intéressant.

A postériori, je me rends compte de la quantité de stress accumulée en cette pré-rentrée. Les rendez-vous production, la remise du dossier au CNC lundi dernier, les bases de projets futurs, les impôts… Mon organisme aurait tendance à me demander à quel moment je compte prendre de vraies vacances. Ok, l’organisme. Je vais souffler un peu. Je vais passer quelques jours à La Rochelle, tiens ! Quoi ? Pas La Rochelle ? Pourquoi ? Ah oui, l’université d’été du… Bien vu. Je vais souffler ici, alors.

Repost 0
Published by Bernard Blancan
commenter cet article
27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 22:58
Deux jours de tourisme parisien

Quelle meilleure occasion de découvrir Paris que d'y faire le guide pour mère et tante de passage.

Repost 0
Published by Bernard Blancan
commenter cet article
25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 13:20
Comme un lundi

Ce matin, je me suis payé une parenthèse automnale, loin du quotidien. J’allais déposer mon dossier d’aide à l’écriture dans le XVIème. Je ne vais jamais, dans le XVIème. C’était dépaysant. Paris déserté par le gros des touristes, tandis que les parisiens retardent au maximum leur retour. Très provincial, Paris, ce lundi matin. Aucune difficulté pour trouver une place assise dans le métro. J’ai pu bouquiner pépère. Bref, tout allait bien jusqu’à ce que je rentre chez moi. Voilà que le gouvernement démissionne parce que deux ministres ont dit des choses que je pense. On peut pas être tranquille deux minutes ?

Repost 0
Published by Bernard Blancan
commenter cet article
23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 10:47
Là, je m'écrase...

La salle était pleine. Un film Turc de 3 heures 18. Bon, palme d’or, quand même, le film. Je parle de Winter Sleep, vous l’aviez compris. Tous ceux qui m’en ont parlé évoquaient un chef-d’œuvre, un film magnifique, remarquablement dialogué. Vous me connaissez un peu. Devant tant d’enthousiasme partagé, j’y suis allé avec la plus grande méfiance. D’autant que je n’avais pas vraiment aimé son film précédent, Il était une fois en Anatolie. Je me méfiais de ce Nuri Bilge Ceylan que je prenais un peu pour un faiseur possiblement prétentieux et complaisant (c’est celui qui le dit qui l’est…).

Si je n’ai pas été bouleversé comme je peux l’être avec des films qui m’ont davantage surpris, plus vifs, plus jubilatoires, plus radicaux, je dois admettre que c’est une réussite parfaite. Très belle image, en effet. Excellente mise-en-scène. Dialogues remarquables (merci Tchekhov, puisqu’il s’agit de l’adaptation de plusieurs nouvelles). Et en effet, le film est d’une noirceur incroyable, de celle, lucide et désespérée qui ne renonce pas à l’humour et à la distance. Le film prend le temps de cette littérature du XIXème qui prend plaisir à décortiquer l’âme humaine, en mettre à jour tous ses travers, toutes ses lâchetés et ses compromissions. On vous étale l’envers du décor hypocrite et narcissique, noyé d’une profonde solitude des jeux sociaux, des relations humaines, au sein de la petite bourgeoisie intellectuelle et artistique. Un vrai miroir à bobos ! Ça fait un bien fou d’entendre et de voir dénoncés nos travers. Et si tout le monde aime, si Cannes l’a primé, ça me rassure sur notre collectivité. Au moins, personne n’est dupe de notre condition et de la médiocrité dans laquelle elle baigne.

Si le réalisateur explore cette lucidité cynique et désespérée qui fait les misanthropes, on sent bien qu’il ne s’en exclut pas. Il en délivre un message simple à destination de ceux qui portent ce regard sur l’autre : Voyez votre propre médiocrité, ne vous focalisez pas sur celle des autres. Ne luttez pas contre l’aveuglement. Il protège. Bon, j’extrapole un peu, là. En tout cas, ce film est un régal intellectuel avec quelques scènes époustouflantes. Je vous raconte pas celle du cheval.

Le personnage central est un acteur raté, 55 ans, qui passe beaucoup de temps sur son ordinateur à écrire sa vision sociale du monde qui l’entoure, pour un petit journal. Petit exercice narcissique qui lui vaut l’admiration de quelques-uns. Ça m’a rappelé, comment il s’appelle, déjà, cet acteur qui tient un blog, là…

Repost 0
Published by Bernard Blancan
commenter cet article