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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 13:06
Vive l'agriculture industrielle !

Profité d’un dernier week-end d’été indien en Bourgogne. Ici, un barrage que l’on a ouvert pour vider le lac. Renaît alors un antique pont romain, jusqu’à ce qu’on referme les vannes. Bon, les barrages, c’est utile pour l’agriculture. Mais aussi pour l’électricité, pour la régulation des cours d’eau. Ça peut servir à plein de choses, un barrage. Et inévitablement, l’eau recouvre des territoires terrestres pour en faire des territoires aquatiques.

Mais restons sur l’agriculture. On fait plein de choses pour l’agriculture. Pour une agriculture qui ne ressemble plus à ce qu’elle était. Une agriculture qui n’est plus celle d’une multitude d’agriculteurs, mais de plus en plus, celle de quelques grosses entreprises agricoles. On tolère qu’elles traitent leurs cultures avec des pesticides, des engrais chimiques, qu’elles sèment des OGM. Enfin, ça, on tolère pas trop, quand même (pour l’instant). Elles peuvent bien polluer l’air, la terre, l’eau. Ce qui compte, c’est qu’elles produisent à bouffer. Après, si on bouffe des pesticides, des engrais, c’est notre problème. Notre carcasse mettra davantage de temps à se décomposer une fois qu’elle mourra d’une quelconque maladie générée par ces saloperies. D’ailleurs, les agriculteurs eux-mêmes commencent à se bouger sur ces sujets car ils voient bien qu’à force d’épandre et de répandre, s’ils ne sont pas déguisés en cosmonautes, ils crèvent eux aussi d’avoir respiré les produits pourris qu’ils balancent pour produire davantage. Évidemment, on laisse dire et faire les agriculteurs, puisqu’ils sont sensés nous nourrir. Et puis parce que c’est colérique, un agriculteur. Ça a le sang chaud. Ça vous déverse une production dans la cour de la préfecture, ça vous enflamme de pneus, ça vous bloque tout avec de gros tracteurs, si on les fait chier, les agriculteurs. C’est comme les camionneurs, les agriculteurs. Hein, l’écotaxe ? Qu’ils aillent se faire foutre les écolos de mes deux ! On paiera pas. On peut bien défoncer les routes et les voitures, c’est pas à nous à payer ! Plus les gens en colère ont de grosses machines, plus on fait profil bas. La force mâle s’exprime et soumet.

Quand tu appartiens à cette race détestée plus que tout par les agriculteurs, à savoir les bobos parisiens bien-pensants et écolos, tu aimes faire de la randonnée. Marcher. En France, on a la chance d’avoir des tas de sentiers pédestres, anciens chemins communaux, qui permettent de sillonner la campagne loin des routes. Eh bien les topoguides ont de plus en plus de mal de rester à jour car, dans certaines régions, des agriculteurs privatisent ces chemins pour ne pas être emmerdés par les touristes. Ce fût le cas hier. Un chemin qui relie une grosse ferme au village en contrebas. Arrivés à la ferme, le propriétaire se pointe. Non, non, il n’y a plus de chemin. Il est plein d’épines. Il faut rejoindre la route, plus loin. Ben, quand on fait de la rando en campagne, c’est pas pour marcher sur la route, banane ! En essayant de couper par un champ, on trouve, bien planqué en bord de ruisseau, un gros tuyau qui permet au même agriculteur de siphonner la flotte en toute illégalité. Arrivés au village, on s’aperçoit que l’accès au chemin a été obstrué par une décharge de végétaux, branchages et autres. Je parie que l’agriculteur en question est conseiller municipal. S’il n’est pas maire… C’est juste pour cette raison que j’avais envie d’en mettre plein les dents aux agriculteurs, aujourd’hui. Petite vengeance.

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Published by Bernard Blancan
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commentaires

Lolo 11/11/2014 18:04

Toujours en retard moi...
Je termine mes congés et je lis tes articles au rythme de mes flux RSS quand le temps m'en donne...Désolé de répondre 4, ou 10 jours après la parution...
Et je me régale de plus en plus, réconforté par tes articles qui me démontrent que je ne suis pas le seul à me scandaliser pour beaucoup de choses...
L'agriculture... Ici dans les Landes, je suis révolté quotidiennement.
Les "gros" ont mangé les "petits".
Ils deviennent plus grands, mieux équipés...Si un problème écologique arrive à cause de leur incompétence, ils peuvent facilement brandir le chantage à l'emploi, le déversement de production comme tu l’explique et le sempiternel "Faut bien faire bouffer la planète"... Toujours la même bonne partie de la planète qui crève la faim...
Puis une course à la concurrence, au "libéralisme", du matériel de plus en plus performant, des surfaces agricoles plus grandes, de plus en plus de cultures sur le même sol sans qu'il est forcément le temps de "ce refaire" et en plus du personnel complètement exploité !
Ceux qui ne suivent pas cette politique ce font crever...
Et cette course à la rentabilité donne des productions qui font tomber les prix. Le serpent qui se mord la queue...
Je ne veux surtout pas tomber dans l'erreur de généraliser, mais de ceux que je vois, c'est une grande majorité. De vrais seigneurs.
Ça me dépasse totalement qu'un si peu nombre de gens ai le contrôle d'un aussi grand territoire. Sur ces étendues où Monsanto et Bayer imposent leur dictât biologique au détriment de la nature je rêve de voir une diversité de culture tenues par de petites exploitations où les gens se soucient vraiment de leur métier, avec une réelle éthique, et une distribution locale de leurs produits autant que possible...
Au lieu de ça, on a des capitalistes de la terre, rachetant la moindre parcelle de pin désolée par la tempête en espérant pouvoir y faire rapidement "du champs".

Un détail chez nous dans les Landes : Une fois le Maïs ramassé, ils retournent la terre afin d'enterrer les grains restants. Résultat : la seule chose de bonne pour la nature que pouvait apporter ces immenses cultures c’était de donner de la nourriture au migrateur (grues cendrée, palombes, etc...) Maintenant terminé, tu migre tu trouves à bouffer ailleurs, sûrement dans les forêts qui disparaissent petit à petit. Par contre, l’ironie du truc, il faut leur indemniser le moindre dégât de la nature dans leurs cultures !! (sanglier par exemple).
Etant soucieux du partage de notre terre, de notre santé et de notre nature, je n'en peux plus de ce modèle.
J’en reviens a ton blog Bernard, je peux t’assurer que je le lirais tous les soirs entre le fromage et le dessert !
Merci à toi

Bernard Blancan 11/11/2014 18:08

Ben, merci à toi, Lolo ;-)

serge barande 05/11/2014 18:30

Ben t'as eu à faire aux derniers dinosaures. "Ceusses" qui ont peur de tout (comme ton arracheur d'affiche). Bien garder leurs petits privilèges. Tout "estranger" est un emmerdeur en puissance, un pisse-pas-comme-eux.
Et les plus gros, pour le rester, enquillent cette philo de bouse.
Sont progressivement en train de se faire bouffer cette philo-là par des agri qui se la donnent à mort pour reconquérir les gens qui les entourent.
Et ils ont du boulot !
Qui sait qui a niqué le paysage bocager ?
Qui sait qui a progressivement pourri certaines nappes phréatiques ?
Qui sait qui inonde les plages bretonnes d'algues vertes ?
Qui sait qui empoisonne sans vergogne et sans sélectivité aucune renards, rats taupiers et au final les milans royaux ? Et j'en passe et des meilleures...
Etc. Etc.
Et tout ceci, bien avant que la PAC ne les fasse chier dans leur quotidienneté.
Té ! Bien sûr, on avait le matos sur place : notre "bon" Crédit Agricole national et notre "belle" FNSEA étaient déjà passés par-là.

J'ai plein de potes agri qui se bougent, en bio, en vente directe, en étique de tout poil.
Et ceux-là sont des "ouvreurs de nouveaux chemins", autant pédestres qu'idéologiques.
Mais putain que c'est dur pour acquérir une ferme, dégager un salaire, faire vivre une famille... A coup de quinze heures minimum de taf par jour. Et, de surcroit, en contournant tous les enfoirés de financiers que j'ai déjà cités.
Des guerriers ces types-là !

LN 05/11/2014 18:53

On ne touche pas aux milans royaux!! M'enfin!!! ....

Bernard Blancan 05/11/2014 18:40

Oui, j'en connais. Ils sont admirables ;-)

hetre 03/11/2014 18:43

De tous temps tout est question de rapport de force et je pense que si les ouvriers ou les intermittents étaient plus organisés on ne verrait pas la législation du travail dégringoler en si peu de temps. Les patrons n'ont jamais eu autant de pouvoir depuis les délocalisations. Et c'est un rapport de force. Alors au lieu de pleurnicher après ce salaud de gouvernement, on ferait mieux de se mobiliser pour de bon. Tout ce qu'on nommait "acquis sociaux" ne l'a été que par la lutte alors arrêtons de pleurnicher. Tout se gagne. N'oublie jamais que les mollusques n'ont jamais donné que des fossiles. Admirons ceux qui luttent au lieu de les condamner et luttons contre eux si l'on n'est pas d'accord.

Bernard Blancan 03/11/2014 22:29

Je sais bien que t'avais compris. Mais bon, c'est pas parce qu'on fait une barricade et que j'aime bien l'idée des barricades et de la lutte, que je vais être automatiquement solidaire. Et c'est vrai qu'au niveau de l'agriculture, être solidaire avec des mecs qui m'empoisonnent et polluent sans vergogne, j'ai besoin de savoir qui parle. Parce que quand je dis qu'ils feraient bien de mettre moins de produits pourris, pour la santé de tous, je ne les sens pas très solidaires, sur le coup. Et la solidarité, ça doit aller dans les deux sens, il me semble ;-). Je sais. Ça aussi, tu l'as compris.

hetre 03/11/2014 21:22

Hi Hi ! Bien sûr que j'avais tout compris. Dans la jungle aussi c'est le gros qui bouffe le petit.Mais dans solidarité il y a solidaires (à tous les étages).

Bernard Blancan 03/11/2014 20:16

qu'on ait abandonné...

Bernard Blancan 03/11/2014 19:07

Oupela, camarade ! Je passe mon temps à dénoncer le patronat, la finance et le grand capital. Je peux bien écorcher un peu l'agriculture intensive. Tu l'aurais vu le fermier. Il a racheté toutes les fermes du hameau et tous les terrains. Il avait davantage la gueule d'un patron de PME que de mon cousin qui cultive dans son champ des produits que je mange tous les jours (et en bio, en plus).
Quant aux camionneurs, je ne digère pas qu'on est abandonné l'écotaxe qui devait servir à refaire les routes abimées par les camions et à développer le transport ferroviaire et fluvial. Tout le monde veut tout sans payer...
Je te rejoins sur le rapport de force. Dans le spectacle ou le cinéma, les techniciens sont beaucoup plus forts que les artistes très individualistes, en terme de droits sociaux. Mais pas question de m'acheter un tracteur ou un bulldozer pour me faire entendre ;-)

Sarro Philippe 03/11/2014 15:14

Des barrages ? fait gaffe il y en a qui en meurent.
Et pendant ce temps notre Président, il est allé chercher ses cigarettes Ottawa d'en face.

Bernard Blancan 03/11/2014 16:37

Ottawa n'emporte le vent...

bordenave 03/11/2014 14:06

Ton analyse est juste et tu peux y inclure les restaurateurs qui s'octroient des plages privées sur la côte (dite d'azur) . Mais ne généralisons pas et au sud de PAU à OLORON il y a encore de belles balades en montagne a faire . Amitiés JOJO

Bernard Blancan 03/11/2014 14:21

Salut Jojo ! Non, non, ne généralisons pas. Je disais bien "dans certaines régions" ;-). Amitiés, Petit Bernard